Kinshasa, octobre 2025 À l’occasion de la 10ᵉ édition d’Expo Béton, le Ministre d’État, Ministre de l’Agriculture et de la Sécurité Alimentaire, Muhindo Nzangi, a livré un discours aussi clair que déterminé, posant les fondations d’une renaissance agricole nationale.
Face aux défis de l’autosuffisance alimentaire, son message est sans détour : la République Démocratique du Congo doit cesser d’importer ce qu’elle peut produire elle-même.

Un pays riche, mais dépendant
Avec plus de 80 millions d’hectares de terres arables, la plus grande réserve d’eau douce d’Afrique et un climat favorable toute l’année, la RDC détient un potentiel agricole exceptionnel.
Pourtant, le pays importe chaque année près de 3 milliards USD de produits agroalimentaires, dont du riz, du blé, du sucre et de la farine.
Les causes sont multiples : faible mécanisation, manque d’accès aux intrants de qualité, routes rurales dégradées, et déficit d’infrastructures de stockage.
« Nous avons la terre, l’eau et la main-d’œuvre. Il nous faut maintenant la volonté et l’organisation pour transformer ce potentiel en richesse », a déclaré le Ministre d’État.
L’autosuffisance alimentaire : une priorité nationale
Muhindo Nzangi a rappelé que sa mission, confiée par le Chef de l’État, est claire : atteindre l’autosuffisance alimentaire à moyen terme.
Cette vision repose sur une synergie entre l’État, le secteur privé et les producteurs ruraux.
Les priorités du ministère s’articulent autour de trois leviers :
• Renforcer la cohérence des programmes agricoles et leur financement ;
• Soutenir le secteur privé et les exploitations familiales, colonne vertébrale du monde rural ;
• Réguler la qualité des intrants pour sécuriser la production.
Cinq piliers pour relancer la production agricole
Le plan de transformation agricole du gouvernement repose sur cinq axes stratégiques :
Les semences : la base de toute récolte
Une loi sur le plasmacide est en préparation pour encadrer la production et la certification des semences. Objectif : garantir la qualité dès la source et assurer l’autonomie semencière du pays.
Les intrants : produire localement engrais et pesticides
La RDC dépend encore largement des importations. Le ministère veut stimuler la production locale et instaurer un contrôle de qualité rigoureux.
La mécanisation : l’ère de la modernisation
Des usines de montage de tracteurs verront le jour à Kinshasa, Kutevo et Limete, pour démocratiser l’accès aux machines agricoles et booster la productivité.
Production et transformation : du champ à l’usine
Le pays importe encore 6 millions de tonnes de céréales par an. Pour inverser la tendance, le gouvernement soutient les grands exploitants de plus de 70 hectares, tout en intégrant les petits producteurs à la chaîne de valeur.
Stockage et commercialisation : stabiliser les marchés
De nouvelles infrastructures de stockage sont en construction autour des grandes villes Kinshasa, Lubumbashi, Goma, Kisangani afin de réduire les pertes post-récolte et stabiliser les prix.
Les cultures d’exportation reprennent leur place
L’ambition est également externe : repositionner la RDC sur les marchés mondiaux.
Sous la supervision de l’ONAPAC, le ministère soutient les filières cacao, café, quinquina et vanille.

« Notre objectif est clair : dépasser la Côte d’Ivoire en superficie cultivée en cacao d’ici cinq ans et redevenir leader africain dans l’huile de palme », a affirmé Muhindo Nzangi.
Une stratégie qui redonnera à la RDC son statut de grande puissance agricole africaine, capable à la fois de nourrir sa population et d’exporter des produits à haute valeur ajoutée.
Un secteur à reconstruire sur le partenariat public-privé
Pour réussir cette transformation, le ministre plaide pour une mobilisation de tous les acteurs économiques :
« Le secteur agricole est la clé de la résilience économique de notre pays. Le gouvernement tend la main aux investisseurs pour bâtir une agriculture forte, moderne et inclusive. »
Cette approche partenariale vise à transformer le secteur en vecteur d’emplois, de sécurité alimentaire et de croissance durable.
Une vision pour une RDC nourricière
En conclusion, le discours de Muhindo Nzangi à Expo Béton 2025 marque un tournant.
L’agriculture congolaise, longtemps perçue comme un potentiel inexploité, devient désormais le pilier stratégique du développement national.
Entre réformes législatives, innovations techniques et mobilisation collective, la RDC s’engage sur la voie de sa souveraineté alimentaire et économique.
Rédaction


