Le Président de la République Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo a lancé, ce jeudi 29 Août dans la zone agricole de Menkao, à une cinquantaine de kilomètres du centre ville, dans la commune de Maluku, la saison agricole 2025-2026.

En présence de plusieurs membres du gouvernement, du personnel agricole, des planteurs et des agriculteurs, le Chef de l’État a remis un lot important des tracteurs et du matériel aratoire destiné aux 26 provinces du pays.
La saison agricole 2025-2026 est porteuse d’espoir pour les animateurs du secteur au regard des moyens matériels et financiers engagés par le gouvernement afin de lutter contre l’insécurité alimentaire.
presidence.
- Un potentiel agricole colossal, encore largement inexploité
• La République démocratique du Congo dispose d’environ 80 millions d’hectares de terres arables, mais seulement 10% sont effectivement cultivés.
• Environ 51 millions d’hectares restent inexplorés, malgré la richesse du potentiel .
• Le secteur agricole emploie 70% de la population active et représente entre 20% du PIB (selon certains rapports) et jusqu’à 60–70% de la création d’emplois .
• Avec cette capacité, la RDC pourrait fournir assez pour nourrir 2 milliards de personnes - Production, autosuffisance et importations
• En 2022, la production agricole s’élevait à 59,9 millions de tonnes, contre une demande intérieure estimée à 68,3 millions de tonnes, soit un déficit de 10,3 millions de tonnes .
• La RDC importe chaque année 3 milliards de dollars de produits alimentaires, ce qui représente une perte considérable de devises.
• Malgré cela, les exportations agroalimentaires marquent une progression notable : 433 millions USD générés en 2024, contre ~300 millions USD en 2023 .
• Le café (robusta et arabica) et le cacao ont fortement contribué à cette performance. - Techniques agricoles modernes pour l’autosuffisance
• L’intégration de technologies de précision (drones, capteurs) permet d’optimiser les apports en eau et engrais, avec des gains de productivité jusqu’à +30% constatés dans d’autres contextes
• Les systèmes d’irrigation goutte-à-goutte, comme en Israël, ont augmenté les rendements de 50% tout en réduisant la consommation d’eau de 60% une opportunité majeure pour la RDC, riche en ressources hydriques.
• Des plateformes numériques agricoles (inspirées des modèles kenyan ou nigérian) peuvent faciliter l’accès aux prix du marché, à la formation et au financement, et encourager l’entrepreneuriat agricole chez les jeunes.
• La promotion de cultures stratégiques :
• Vivrières : manioc (15 millions tonnes par an, consommation par habitant : 353 kg/an), mais également riz, maïs, haricots et soja.
• Exportables : café, cacao, huile de palme (industriellement ; millions d’hectares disponibles), gingembre, curcuma, sésame.
• Le Système de riziculture intensive (SRI) peut transformer la production de riz : +rendements, -consommation d’eau (–50%), –semences (–90%)
• L’agriculture de conservation, avec réduction du travail du sol, couverture permanente et diversification, contribue à restaurer la fertilité des sols durablement. - Objectifs pour l’agroalimentaire et l’exportation
• Valoriser les chaînes de valeur (manioc, maïs, horticulture) permettrait de capter la demande locale tout en favorisant la transformation.
• Le développement de l’irrigation, des infrastructures, des équipements agricoles (tracteurs, matériels), soutient la modernisation du secteur .
• Relancer l’exportation sur les produits à forte valeur ajoutée (café, cacao, huile de palme, épices) peut générer des devises et diversifier l’économie.
• Financements publics : budget agricole dépassant 10% des dépenses publiques (engagement de Maputo) — le gouvernement a déjà accordé des exonérations d’importation de matériel agricole à plus de 200 entreprises et distribué 350 tracteurs. - Le rôle clé de l’agriculteur congolais : une économie jeune et rurale
• La RDC compte plus de 1,33 million de ménages agricoles, soit ~8 millions de familles, exploitant en moyenne 0,5 ha chacun .
• L’agriculture familiale, souvent de petite taille, joue un rôle vital dans la souveraineté alimentaire.
• Avec une population jeune (50% de moins de 15 ans), l’agriculture intensive peut devenir le principal employeur national et moteur du développement économique .

La RDC, avec ses 80 millions d’hectares de terres arables, un secteur agricole employant 70% de la population, et d’importantes ressources hydriques, dispose des atouts nécessaires pour atteindre l’autosuffisance alimentaire et développer l’agroalimentaire à l’export. Pour cela, il faut :
1. Exploiter massivement les terres disponibles (seulement 10% sont cultivées),
2. Adopter des techniques modernes et durables (irrigation, numérique, agriculture de conservation, SRI),
3. Transformer localement les cultures vivrières à forte demande,
4. Mobiliser les jeunes ruraux via un entrepreneuriat agricole attractif.
Avec des politiques publiques ambitieuses, des investissements ciblés et l’engagement des jeunes, l’agriculture peut redevenir le premier pilier de l’économie congolaise, tout en assurant la sécurité alimentaire et en générant des revenus d’exportation durables.
Rédaction


