Routes en terre : l’urgence de rompre avec un modèle coûteux et inefficace en RDC

En République démocratique du Congo, la question des infrastructures routières demeure un enjeu central de développement économique, d’intégration territoriale et de justice sociale. Pourtant, malgré les ressources mobilisées année après année, un constat s’impose avec force : la persistance des routes en terre compactée constitue un échec technique, économique et stratégique.

Un éternel recommencement aux coûts exorbitants

Construire des routes en terre compactée revient à investir dans un cycle sans fin de dégradation et de réhabilitation. Chaque saison des pluies transforme ces axes en bourbiers impraticables, interrompant la circulation des personnes et des biens, isolant des communautés entières et grevant lourdement les budgets publics par des travaux de réfection répétés.

Ce modèle, hérité d’anciennes pratiques, n’est ni rentable ni soutenable dans un pays aux ressources budgétaires limitées et aux besoins immenses. Continuer dans cette voie équivaut à accepter des fonds perdus, sans impact durable sur le développement.

La stabilisation des sols : une alternative éprouvée et accessible

Il existe pourtant des solutions techniques réalistes, adaptées au contexte congolais et fondées sur l’utilisation de matériaux locaux. La stabilisation de la couche de roulement à base de latérite et de ciment, notamment avec des produits spécialisés tels que SuperRoad de PPC, permet de réaliser des routes praticables sur plus de dix ans, avec un entretien mineur.
Les coûts sont maîtrisés et transparents :
• 50.000 à 70.000 USD par kilomètre pour une route stabilisée de 7 mètres de large ;
• 70.000 à 100.000 USD par kilomètre lorsque sont intégrées des bordures et des réseaux de drainage en plaques de béton en V de 5 cm, garantissant une longévité encore accrue.

À moyen et long terme, ces investissements sont nettement plus économiques que les réfections successives de routes en terre.

Responsabilité des entreprises et exigence de normes

Les entreprises publiques et privées actives dans le secteur notamment SICOMINES, SISC SA et d’autres partenaires techniques ont un rôle crucial à jouer. Exécuter des travaux non durables n’est pas un simple choix technique : c’est une responsabilité morale et économique.

Les entreprises doivent refuser de réaliser des infrastructures vouées à l’échec, même lorsque les cahiers des charges sont insuffisants. Elles doivent, au contraire, plaider pour l’adoption de normes modernes, alignées sur les réalités climatiques et géotechniques du pays.

Un appel au leadership du Gouvernement central

Il est impératif que le Gouvernement central, à travers la Primature, le Ministère des Infrastructures et Travaux Publics (ITP) et la Présidence de la République, adopte officiellement des normes nationales de routes stabilisées avec matériaux locaux.

Ce choix stratégique permettrait :
• une meilleure utilisation des fonds publics ;
• une réduction significative des coûts d’entretien ;
• un désenclavement durable des territoires ;
• une création d’emplois locaux qualifiés.

Investir avec responsabilité pour les générations futures

Les faibles ressources de la République ne peuvent plus être engagées dans des projets sans durabilité. Chaque kilomètre de route doit être pensé comme un investissement structurant, et non comme une dépense provisoire.

La RDC mérite des infrastructures à la hauteur de ses ambitions. Rompre avec les routes en terre compactée n’est plus une option, c’est une nécessité.
Nous y veillerons.

Rédaction

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